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vendredi 28 décembre 2012

Rétro 2012

Les fêtes de Noël battent leurs pleins alors pas d'article à proprement parlé pour cette semaine. J'ai bien tenté de me faire un top 5 ou 10 des albums m'ayant le plus marqué mais à chaque fois j'estimais qu'il en manquait un ou deux qui méritaient de figurer sans pour autant avoir envie d'en faire sortir d'autre. C'est pourquoi je vais plutôt vous faire une rétro 2012 légèrement différente de ce que je pensais au début. La musique étant inhérente à nos vies, nous l’associons souvent à des faits et gestes ou des souvenirs et bien c'est avec ces souvenir que je vous présente mes albums les plus écoutés de 2012.

C'est ainsi que j'ai :











- Travaillé avec Scala: Concert de Ludivico Einaudi










- Me suis reposé avec Greatest Hit de Bob Dylan










- Commencé un blog avec Running Still de Charlie Winston










- Été époustouflé sur scène avec Silence On Tourne, On Tourne En Rond de Thomas Dutronc










- Me suis remémoré des concerts sublime avec Live From Madison Square Garden d'Eric Clapton et avec le  Live 360° de U2















- Plané avec An Awesome Wave d'Alt-J









- Bronzé avec The Song Remains The Same de Led Zeppelin









- Été déçu avec The 2nd Law de Muse






- Été agréablement surpris avec Long Courrier des BB Brunes









- Eu de la nostalgie avec Rumours de Fleetwood Mac









- Découvert les papys du Rock avec Undercover des Rolling Stones










Et s'il existe un album qui reste et restera une constante au fil des années qui passent, il s'agit bien évidement du Joshua Tree de U2


Et c'est donc avec cette petite liste (qui mériterait d'être plus étoffée!) que je vous souhaite de bien finir l'année!

vendredi 26 octobre 2012

Vise Le Ciel (ou Bob Dylan Revisited) - Francis Cabrel (Mais pas que!)

A la lecture du titre, certain se disent déjà « Encore du Cabrel, comme s’il n’y avait pas assez d’artistes à chroniquer ! » Ils ont sans doute raison, après tout, tant qu’à faire un blog musical autant varier les plaisirs, les genres et les chanteurs. Mais moi, j’adore Francis Cabrel. Je l’aime d’autant plus qu’il reprend, dans son nouvel album sorti cette semaine, une autre de mes idoles de la Folk : Bob Dylan. C’est donc tout naturellement qu’il devient le premier artiste de From (The Sounds) Inside à se voir consacrer une deuxième chronique. Alors pour contenter tout le monde, je profiterai de cet album pour aborder le thème de la reprise, des « Cover » comme aime le dire les plus anglophones d’entre vous, dans le monde de la musique.


Je ne présente pas Francis Cabrel, monolithe de la musique Française, prêcheur du bon gout musical et de la réserve médiatique. N’hésitez pas à lire le précèdent article sur ce qui restera pour moi l’un des meilleurs albums Français.
Il va donc de soi que Vise Le Ciel est un bon album. Vous pensez sans doute qu’en reprenant Dylan, le risque était minime tant ses chansons touchent au génie ; ce n’était pas gagné pour autant. Le phrasé de l’Américain n’est pas simple à traduire, sans parler qu’il ne fallait pas non plus tomber dans la facilité au niveau des arrangements car, ceux de Dylan sont, avouons-le, déjà mythiques.
C’est donc avec un certain défi que Cabrel s’attaque à onze titres, plus ou moins connu, de son idole absolu. Ce n’est pas la première fois qu’il traduit Monsieur Dylan, déjà sur son précédent album Des Roses Et Des Orties il avait repris « She’s an artist » avec brio. Il admet pourtant lui-même qu’il ne sait pas faire de chansons, qu’il doit tout à son mentor : « C’est Bob Dylan qui m’a appris à chanter, […]  j’écris comme il m’a appris.». 

Et bien, Dylan aura été bon professeur car, mis à part « Comme Une Femme » qui penne à suivre l’original (ou peut être qui voulant trop le suivre perd en fluidité), le reste de l’album est tout bonnement un régal. Je porte une mention spéciale à la reprise de « All Along The Watch Tower » noté « D'En Haut De La Tour Du Guet »  sur l’album du Français. Cette chanson fut reprise par les plus grands (Jimi Hendrix, U2, Keziah Jones, Pearl Jam et j’en passe…) sans jamais vraiment se voire changer, transformer. Cabrel, lui a eu la bonne idée de changer l’orchestration, si bien qu’il aura fallu attendre que je me traduise les paroles pour m’apercevoir de la transformation opérée. De même pour « Il Faudra Que Tu Serves Quelqu’Un » qui est gratifié d’une guitare « slide » pour notre plus grand plaisir. C’est par petites touches, sans sembler vouloir se les approprier réellement, que Cabrel nous fait découvrir et redécouvrir la Folk si douce et chaleureuse de Bob Dylan. Bonus pour les non-anglophones, les textes sont traduits pratiquement mot à mot des textes originaux. Ce détail a par ailleurs agacé Francis Cabrel qui explique la gêne qu’il eut pour harmoniser ses traductions ainsi : « Le problème avec l’anglais, c’est qu’en une phrase Dylan fait passer cinq images, c’est une langue compacte. Alors qu’en Français, avec la grammaire et les règles de syntaxe, sur une même phrase j’ai, malheureusement, du choisir deux ou trois image et donc en perdre par rapport à l’original. » Qu’il se rassure, que ce soit « Je Te Veux » ou même « Comme Blind Willie Mc Tell » (un vrai délice de Folk/Blues) la traduction n’enlève rien à l’esprit premier de la chanson.

Francis Cabrel n’est pas le premier à reprendre le répertoire d’un autre artiste pour lui rendre hommage. (Je passerai sous silence ceux qui pour « relancer » leur « carrière » trouve de bon gout de massacrer « A Nos Actes Manqués » de Jean Jacques Goldman…) Pour certain, comme Eric Clapton, le style qu’ils abordent s’y prête bien. Le Blues a des racines si lointaine qu’il semble impossible de rendre hommage à tous ceux qui inspirent les grand Bluesman (qui d’ailleurs eux même inspireront la génération d’après). Eric Clapton a sorti récemment deux très bons albums de reprises. Ne se limitant d’ailleurs pas à un seul artiste sur l’album Clapton datant de 2007, il avait rendu un hommage sublime à Robert Jonhson sur Me And Mr. Johnson. La question du pourquoi reprendre alors que l’on peut inventer n’a pas lieu d’être dans ce cas précis, ni dans celui de Cabrel d’ailleurs. Dans leur domaine respectif ils ont démontré qu’ils n’avaient rien à envier à personne, à partir de là, l’envie de partager ses émotions au travers ce qu’on chérie le plus en tant que musicien prend le dessus et cela nous offre de beau instant de musique. Dans la catégorie des chanteurs faisant un album hommage, j’aimerai citer Scott Walker qui reprend Brel avec une ferveur rare sur Scott Walker Sings Jacques Brel. L’anglais n’est pas toujours la meilleure façon d’aborder les textes de Brel, mais l’orchestration et la vivacité de cette langue fait vivre sous un tout autre jour « Amsterdam » ou « Mathilde ». 

Il existe d’autres façons de rendre hommage à un frisson qu’un autre nous a procuré que de faire un album complet sur son œuvre. Les concerts se prêtent bien à ce genre d’exercice. Pour ceux qui n’aiment intégrer que des phrases ou de courtes parties de chanson (ces petits morceaux sont nommés « Snippet ») il y a U2. « Amazing Grace », «It’s Only Rock’n’Roll », « God Only Knows », “Don’t Stop Till You Get Enough” et bien d’autres sont au programme ne serais ce que sur leur dernière tournée ! Avant ça ils avaient repris « Helter Skelter » des Beatles lors de Rattle And Hum, et il ne faut pas pousser Bono pour qu’il s’attaque à n’importe quel morceau. 

Sinon il y a toujours la façon de faire de Jamie Cullum qui s’approprie totalement les chansons qu’il reprend. Dans sa folie jazz certain titres sont devenu culte « Don’t Stop The Music » (Rihana), « High And Dry » (Radiohead) et surtout « The Wind Cries Mary », reprise de Jimi Hendrix sublimement interprété dévoile toute les subtilités qu’Hendrix était capable d’inventer. (De ma part, adorateur du maître Hendrix, aimer une reprise à ce point ne doit que vous encourager à aller l’écouter !)


Que ce soit Cabrel, Clapton ou Cullum, chaque artiste a besoin de montrer ses racines pour se faire comprendre et surtout pour se faire plaisir ! Avec Vise Le Ciel, Francis Cabrel se fait plaisir en nous faisant redécouvrir certaines chansons oubliées de Bob Dylan, et nous en profitons pleinement. Il est tout de même rageant de penser qu’aucune des chansons de l’album ne soit de sa propre main, en amoureux des mots il sait tout aussi bien nous faire voyager au son de son Blues qu’avec ses textes si finement taillés. Vivement la suite !


jeudi 12 juillet 2012

MTV Unplugged : c’est quoi la formule ?


 Cela pourrait presque être une devise pour tout musicien en devenir : un MTV Unplugged, et c’est la gloire assurée. On pourrait se dire que MTV ne sélectionne pour ses émissions que les musiciens déjà couronnés. Ce n’est pas entièrement faux, mais au fond, qui connait réellement Die Fantastischen Vier, Julieta Venegas, ou Hikaru Utada (tous passés dans cette émission)? Non, en réalité, ce sont la plupart des albums issus des MTV Unplugged qui sont rentrés dans l’histoire. La plupart dis-je, car je doute que le Mana MTV Unplugged et le Shakira MTV Unplugged aient laissé un souvenir impérissable. Alors oui, les MTV Unplugged les plus célèbres ont été réalisés par des artistes déjà célèbres. Mais dans de nombreux cas ils ont boosté les carrières de leurs auteurs (aussi bien au niveau commercial qu’auprès de la critique). Il s’est donc bien passé quelque chose sur le plateau de MTV. Mais quoi ?
 
La consécration
Dans le cas d’Eric Clapton, on peut effectivement parler d’une consécration.  Son MTV Unplugged de 1992 a relancé sa carrière, après des années de passage à vide, la mort de son ami Stevie Ray Vaughan dans un accident d’hélicoptère qui aurait dû lui coûter la vie à lui, puis celle de son fils Connor, tombé du 53ème étage de son appartement. En 1992, il prend ses Martin ainsi que ses meilleurs musiciens, et s’assied sur le plateau du MTV Unplugged. Il reprend des standards de Robert Johnson (Walkin’Blues, Malted Milk), de Bo Diddley (Before You Accuse Me), de Muddy Waters (Rollin’ and Tumblin‘), ou encore l’ultra classique Nobody Knows You When You’re Down and Out (petit coup de cœur pour la version d’Odetta en passant) ; il pond la plus belle version de Layla qu’on ait entendue à ce jour (« See if you can spot this one »), apaise son Old Love, et raconte à un public tout ouïe la détresse d’un père orphelin de son fils dans Tears in Heaven. Le son est limpide, l’ambiance calme. Clapton nous raconte quelque chose : une histoire musicale et personnelle, qui passe par ses doigts, sa Martin et sa voix (ici douce, apaisante et presque virtuose sur Lonely Stranger). Et comme dans toute histoire, il y a des couacs : Clapton ne les aime pas, l’album est à deux doigts de ne pas être édité. C’est pourtant chose faite. Il en vend 10 millions d’exemplaires, et relance sa carrière. Il peut désormais se faire plaisir en sortant des albums agréables mais un peu trop faciles avec quelques amis (JJ Cale, BB King, entre autres), ou en partant faire des tournées triomphantes (la dernière en date étant celle effectuée avec Steve Winwood).


 
« It’s better to burn out than to fade away »
On parle ici de Nirvana. En 1993, le groupe grunge de Seattle vient de sortir In Utero, l’album préféré de Kurt Cobain, qui détestait Nevermind. A ce propos, le mixage alternatif de cet album culte, effectué par Steve Albini (producteur d’In Utero), est à écouter : on y découvre ce qu’aurait dû être l’album selon Kurt Cobain. Le trio enregistre son MTV Unplugged en novembre 1993. Ce sera leur dernière production (si l’on omet You Know You’re Right, titre moyen), et probablement la plus intéressante. Une fois les amplis débranchés, on découvre un Nirvana touchant. Leur grunge, sans les amplis, crie toujours autant. Mais ces cris viennent du cœur, et ils sont retenus. Cobain troque le grognement contre la plainte. Il préfère écorcher une note inatteignable plutôt que de se casser la voix (Lake Of Fire entre autres), et il se plante une fois de temps en temps : manifestations d’un grunge qui prend le temps de s’exprimer autrement. La première note ratée du solo de The Man Who Sold The World est à ce titre formidable de justesse. Le groupe joue quelques uns de ses bons morceaux, fait de l’ombre à David Bowie, et joue avec les frères Kirkwood trois chansons de leur groupe Meat Puppets (Lake Of Fire, Oh Me, Plateau). L’album se solde par un Where Did You Sleep Last Night déchirant. Cobain lâche progressivement ce qu’il a retenu pendant le concert. On atteint des sommets. Rétrospectivement, il paraît abusif de dire que Kurt Cobain a dit au revoir au monde ce soir là. Mais la plainte hurlante de Where Did You Sleep Last Night, dernier morceau du dernier album de Cobain, quelques mois avant son suicide, est troublante. A l’image de l’ensemble de cet album.


La redécouverte
Avant d’être le producteur de Rihanna et de Beyoncé, et de parader sur la scène de Bercy avec Kanye West au son d’un rap électronique insupportable, Jay-Z a eu la bonne idée de sortir quelques excellents albums. Après avoir sorti six albums studios, il enregistre en 2001 son propre MTV Unplugged. Il y reprend une bonne partie des morceaux de The Blueprint, accompagné du groupe The Roots. En soi, il n’y a pas de grands changements par rapports aux albums studios de Jay-Z, mais le son est plus rond, et on sent une véritable interaction avec le public. Qu’il soit assis sur son tabouret ou sautillant, Jay-Z garde son flow caractéristique, porté par des musiciens talentueux. Il invite aussi deux artistes géniaux à partager la scène : Mary J. Blige et Pharrell. A vrai dire, il n’y a pas grand-chose à rajouter sur cet album excellent. Si à l’écoute du rap FM d’aujourd’hui il vous prend l’envie d’écouter un autre rap, pas forcément plus sincère, pas forcément plus légitime, mais à coup sûr un peu plus recherché et véhiculant de belles émotions en live, alors cet album est une bonne pioche. 

 
 
Confessions intimes
Evoquons, pour finir, Lauryn Hill. Il serait dommage de s’arrêter à sa carrière, certes remarquables, avec The Fugees. Ne serait-ce que parce qu’en tant qu’artiste solo, elle a fait un carton avec son album The Miseducation Of Lauryn Hill (1998), qui lui a valu 5 Grammy Awards. Mais aussi parce que son MTV Unplugged 2.0, sorti quatre ans plus tard, est singulier. Le concert est intimiste. Seule sur scène, et entourée d’un public attentif, Lauryn Hill joue de la guitare et chante. Ou plutôt elle prie. Elle entrecoupe sa prestation de différents laïus sur sa vision de Dieu et de la religion. Ses chansons sont une réponse aux questions soulevées par Dieu. Elles sont aussi une bonne bourrade dans le dos de l’industrie musicale qu’elle exècre. Elle se plante parfois grossièrement dans les accords, elle a des trous de mémoire, mais elle continue avec le sourire (I Get Out). Emouvante et émue, elle fond en larmes à la fin de I Gotta Find A Place. Elle envoute sur Oh Jerusalem, et fournit une superbe version de Mystery Of Iniquity, que Kanye West samplera allègrement dans All Falls Down. Bref, Lauryn Hill fournit une prestation engagée et musicalement séduisante, à la limite de la folk et du R’n’B. Depuis, le MTV Unplugged 2.0, ce cocktail musical a fait bien des petits ! 

 


Quels points communs ?
Dans ces concerts, les artistes, qui souvent jouent et chantent assis, ont essayé à leur manière de capter l’attention d’un public proche et attentif. C’est peut être ce qui se ressent le plus dans tous ces albums, du « See if you can spot this one » de Clapton aux prêches de Lauryn Hill, en passant par les vannes de Jay-Z. Avec l’engagement du direct viennent aussi les petites bourdes. Mais les fausses notes de Cobain et de Clapton ou les trous de mémoire de Jay-Z et Lauryn Hill sont pardonnables, tant leurs prestations sont bonnes. Ces petites erreurs les rendent mêmes attachantes. Allez donc les (re)découvrir !

vendredi 27 avril 2012

Rumours - Fleetwood Mac

Si je devais expliquer comment j'ai découvert ce bijou perdu, la crédibilité de ce blog entier serait à remettre en cause. C'est pourquoi faisons comme si j'avais découvert le vinyle (que j'ai réellement !) par hasard et que la surprise fut telle qu'il devint l'un de mes favoris. Fleetwood Mac, un nom perdu dans la fin des années 60 qui a pourtant traversé l'atlantique et les années 70 pour accoucher de leur chef d’œuvre Rumours en 77. Le plus fort avec cet album, c'est qu'en plus d'être bon et novateur pour son époque, il s'est magiquement vendu à plus de 40 millions d'exemplaires !
Avant de commencer il faut tout de même que je vous prévienne, les sons et arrangement peuvent sembler vieillot par moment, surtout les voix féminine d'ailleurs. Essayez tous de même de passer outre, il y a tant de bonnes choses que de s’arrêter sur des détails liés au changement d'époque serait mesquin de votre part.

Première particularité de l'album, l’alternance entre chanteur et chanteuse. Les groupes de l'époque ne présentent souvent qu'une voix sur le devant de la scène, ici Lindsey Buckingham, Christine McVie et Stevie Nicks se partagent la partie chant. Outre le fait qu'ils chantent tous bien, on a le plaisir de ne pas se lasser par une même voix tout au long de l'album, ce qui permet de l'écouter plusieurs fois d'affiler sans pour autant avoir l'impression d'être toujours avec le même groupe.
Autre précision sur l'époque à laquelle est parue cet opus : le vinyle est sorti sous le genre Pop. Si l'on ose regarder ce que propose la Pop de nos jours, on regrettera amèrement cet age ou les guitares et les solos n'avaient pas été remplacé par des sons toujours plus fabriqués par ordinateurs et des modeleurs de voix permettant à n'importe qui de se proclamer chanteur...
Assez larmoyé, entamons avec « Second Hand News ». Premier titre et déjà l'ambiance est posée. Un crescendo sur un riff de guitare sèche, un chœur et un rythme simple mais efficace. Que demander de plus ? Le tout se termine sur un tout petit solo qui laisse entrevoir toutes les capacités de ce Fleetwood Mac. Car des capacités en tant que musiciens, ils en ont, et beaucoup. 
 

Je me permets une petite digression sur ce que j'appelle un bon musicien. Je ne pense pas que pour être cité comme bon musicien il faille se fendre d'un solo à plus de mille notes par minute pour un guitariste, ou d'une sur utilisation de la double pédale pour un batteur. Bien que ces deux utilisations d'un instrument requière une technique parfaite et sans doute des années d’entraînements ; un bon musicien reste pour moi celui qui sait trouver la bonne mélodie, les bons accords ou les chœurs qui lâcheront la bonne émotion au moment opportun . Tout est une histoire de ressenti, mais pour moi Eric Clapton sera toujours meilleur que Steve Vai. La finesse d'un « Old Love » n'a pas d'équivalent au milieu de l'avalanche de notes déversée par Vai, ce qui n’enlève cependant rien à son talent.

Pour revenir à nos moutons, je faisais remarquer que des morceaux tel que « Never Going Back Again » ou « Gold Dust Woman » sont des exemples plus que parlant pour démontrer la finesse des trouvailles du groupe en termes de mélodies et d'ambiances. Comme dit plus haut, cet album fut référencé Pop, mais avec des chansons comme « Gold Dust Woman » c'est mon coté rock des premières heures qui se réveille. La mesure jouée au charley puis juste au pied avec la grosse caisse ; une première guitare folk sur un rythme des plus pesant ; puis tout s’enchaîne, les chœurs, les passages électrique en fond et pour finir la déchirure dans la voix. Comment ne pas ressentir le désespoir avec une telle orchestration ?
Ce n'est pas la seule fois où on s'étonne du rock que contient l'album : « The Chain » et « You Make Loving Fun » sont eux-même très imprégnés par le rock des années 70.
Au milieu de ce mélange Pop/ Rock se cachent quelques douces mélodies. Ayant eu la bonne idée de ne pas utiliser la guitare pour se la jouer à la Scorpion, c'est donc avec le piano que les larmes peuvent commencer à rouler sur nos petites joues avec « Song Bird ». Je classe aussi « Oh Daddy » dans les douces mélodies. Même si pour le coup cette chanson est bien moins épuré que la précédente, elle sonne comme une complainte et même si la musique est très présente elle laisse la part belle aux paroles.
Les paroles justement sont assez intéressantes à décortiquer. A première vue, texte banal sur l'amour, la rupture, le regret... Rien de bien nouveau pour un album Pop, cependant il faut se plonger dans l'ambiance du groupe au moment de la conception des textes. A cette époque, les membres du groupe ne se parlent presque plus, et arrivent tous juste à composer. Le titre de l'album Rumours est directement lié à cet ambiance délétère. Et bien, si l'on lit au travers les lignes on aperçoit ce climat plus que tendu. Toutes les chansons ont un sens caché lié à la vie chaotique au sein de Fleetwood Mac. C'est ce double sens qui rend l'album si bon, les différents degrés de compréhension nous font redécouvrir les morceaux à chaque écoute. « Don't Stop » signe la fin des disputes ou tout du moins l'envie d'une trêve, mais lors d'une écoute rapide cela peut aussi être associé à n'importe quelle journée de déprime.

Je finirais avec « Go Your Own Way », à la fois pilier de l'album et chanson ayant eu un vrai impact sur ma façon d'aborder le monde dans certains instants pas toujours très reluisant. Le morceau est parfait. C'est le chef d’œuvre de Rumours. Tous les ingrédients sont réunis tant musicalement que textuellement pour réussir à vous prendre à bras le corps et vous transporte loin de ce que vous faîtes, loin de ce que vous êtes. Il est évident que j'ai une vision relativement biaisée de cette chanson ; peut être qu'elle ne touchera personne d'autre que moi. La musique est aussi une histoire d'instants. Ce qui est sur, c'est que cette chanson en particulier, mais tout l'album de même, contient sa dose d'émotion si l'on lâche prise du monde l'espace de trois minutes.

Fleetwood Mac est un groupe à écouter, leur discographie intégrale est immense et inégale, tout n'est pas à garder mais Rumours est le point d'orgue de nombre d'albums oubliés à tord ! C'est fou les découvertes que l'on peut faire lorsqu'on regarde Glee... Oups ! Peu importe comment l'on découvre la musique, l'important c'est de la faire vivre en l'écoutant. J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à écouter cet album !